Des informations contradictoires circulaient au sujet de l'identité du metteur en scène et producteur du film si l'on peut l'appeler ainsi, au vu de sa piètre qualité artistique. Certaines sources ont en effet, avancé que le personnage installé en Californie était un juif américain se faisant appeler Sam Bacile, d'autres médias ont révélé qu'il s'agissait d'un Copte égyptien portant le nom de Nakoula Basseley Nakoula.

Dans une interview à la radio américaine Sawa émettant en langue arabe, ce Sam Bacile ou Nakoula Basseley peu importe le nom, avait affirmé n'éprouver aucun regret quant au tournage du film. Il a néanmoins déploré la mort des membres de la mission américaine à Benghazi en Libye. Il a même parlé d'un sentiment de culpabilité par rapport aux répercussions de la diffusion de quelques extraits de ce film avec lequel selon lui l'Amérique n'a strictement rien à voir.

Même son de cloche chez la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton qui s’est efforcée de dédouaner son pays de toute responsabilité.

Il n'est pas question dans cet article de discuter du film. Ce serait un honneur dont on ne voudra surtout pas combler son propriétaire. Il s'agit en premier lieu de regarder de près les manifestations sanglantes qui s'en sont suivies.

De la Libye, l'Egypte, la Tunisie, le Liban en passant par le Soudan, le Yémen, et le Pakistan pour n'en citer que ceux là, les Musulmans sont descendus dans la rue non pour dénoncer un geste infâme et une entreprise abjecte mais pour s'attaquer aux ambassades des Etats-Unis, casser et surtout pour mourir.

Le bilan a en effet été lourd, car outre les 4 membres de la mission diplomatique américaine tués à Benghazi, pas moins d'une trentaine de personnes ont trouvé la mort depuis le début des manifestations à travers le monde arabo-islamique. Ils sont morts sans que personne ne s’en émeuve. Pas même les dirigeants des pays dont ces manifestants sont ressortissants.

Le journal britannique The Independent a récemment révélé que Washington était au courant du plan d’attaque imminente contre sa mission diplomatique à Benghazi deux jours avant les manifestations sanglantes.

La Maison Blanche et le département d'Etat par la voix de sa locataire, ont bien sûr démenti de telles informations. Ceci dit, le bénéfice tiré de l’attaque dépasse largement les dommages occasionnés ou encore si les Etats Unis avaient fait avorter l’assaut.

Celui-ci a eu lieu, les manifestations aussi: Et comme d’’habitude, les foules sont tombées dans le piège: Washington a aussitôt dépêché ses Marines en Libye, au Yémen et peut-être en Tunisie, comme si les forces déjà stationnées là-bas étaient en mal d’effectif.

Conséquence: le sang a coulé et nous n’avons fait que donner raison à ceux qui se plaisent à nous qualifier de peuples violents et terroristes, un caractère inné chez nous selon eux.

Je n'ai pu m'empêcher en voyant défiler les images de casse et de mort, de faire appel à l'histoire qui nous est du reste bien utile en ces circonstances. Je me suis remémorée l'histoire d'Abraha l'abyssin, roi du Yémen qui a décidé en l'an 571 également année de naissance du prophète de l'Islam, de détruire la Qaâba à la Mecque.

Œuvre d'Abraham, la Maison Sacrée était considérée comme un lieu saint même avant l'avènement de l'Islam.

Jaloux du flux des pèlerins vers la Qaâba vénérée y compris par les polythéistes dont la péninsule arabique regorgeait à cette époque, Abraha l'abyssin mobilisa toute une armée pour cette entreprise dont il était sûr des résultats au vu de sa supériorité militaire.

Sur leur chemin, les soldats d'Abraha confisquent un troupeau de chameaux dont le propriétaire n'était autre que le grand-père du prophète de l'Islam Abdul-Muttalib chef des notables de la Mecque. Lorsque ce dernier apprit la nouvelle, il se dirigea vers Abraha pour réclamer son troupeau.

Celui-ci lui alors répondit: Vous êtes perçu comme le chef de la Mecque et vous venez réclamer un simple troupeau de chameaux sans vous émouvoir de voir votre Maison Sacrée détruite. Vous m'en voyez déçu ». Le grand-père du prophète lui asséna la réponse suivante: "Je suis le propriétaire de ces chameaux, quant à la Maison Sacrée, elle a un Dieu qui la protégera".

La moralité de cette histoire, au-delà de son aspect religieux, c'est la confiance en soi affichée par Abdul Muttalib face à l'envahisseur. Et c'est bel et bien ce qui fait défaut à certains Musulmans qui cèdent aisément à la provocation sans réfléchir aux répercussions de leurs actes.

De plus, une religion et un prophète ayant résisté au temps malgré toutes les guerres qu’on leurs a livrées depuis des siècles, ne vont pas être touchés par une caricature par ci et un film par là quand bien même ils seraient répréhensibles.

Il est du droit de tout Musulman de crier sa colère quant aux attaques récurrentes contre sa religion et ses symboles, contre la politique du double standard et contre le fait que le musulman devienne "une tête à claque". Ce qui est en revanche inacceptable, c'est la violence qui a caractérisé ces mouvements.

La colère exprimée dans le sang aurait pu être canalisée autrement, d'une manière constructive, loin de toute réaction épidermique et de toute vocifération primaire.

Il est en effet des moyens bien plus efficaces que la violence pour faire entendre sa voix. A leur tête, le boycott des produits venant du ou des pays mis en cause dans une polémique touchant aux religions quelles qu'elles soient d'ailleurs.

C'est une manière non violente certes mais elle n'est pas inefficace. Ne dit-on pas que le nerf de la guerre c'est l'argent?

Le boycott est d'autant plus efficace que le monde ploie sous le poids d'une crise économique étouffante. Et certains pays n'ont surtout pas envie de voir leurs produits exportés boudés par des communautés en colère, juste à cause d'une idée folle émanant de personnages dont la provocation est leur raison de vivre.

Sinon, qui peut prendre au sérieux des manifestants en colère parce qu'on a touché à tout ce qu'il y a de plus sacré chez eux, alors qu'ils ne veulent à aucun prix céder à la tentation de porter ou manger des produits venant des mêmes pays qu'ils fustigent. Pire, ces pays-là, tiennent le destin de ces foules en main tant sur le plan économique que politique.

Des foules qui se plaisent dans le rôle de la victime persécutée au lieu de retrousser les manches et travailler pour ne pas avoir à dépendre de l’étranger et pour bâtir des sociétés productrices à tous égards et pas seulement réduites au statut de consommateurs.

Ce n’est que de cette manière que nos peuples peuvent imposer le respect qui leur revient. A bon entendeur, salut....