Pourquoi un tel transfert? Avec toutes les ressources financières drainées par la manne pétrolière, l’Algérie n’est-elle pas capable d’assurer les soins de son président?

On renfloue les caisses du FMI mais on n’est pas en mesure d’ouvrir un hôpital digne de ce nom en dépit de toutes les compétences médicales dont on dispose. Car si tel était le cas, on ne ferait pas seulement profiter les personnalités politiques mais aussi une partie du « tiers-état » qui pourrait ainsi goûter aux plaisirs d’une bonne prise en charge médicale.

Mais non! Ceci n’est pas dans notre agenda. Le président Bouteflika peut se permettre de se faire soigner au Val de Grâce et le peuple alors?

Le choix du lieu des soins est également source d’étonnement. Il prouve que l’on a toujours besoin de l’ancienne puissance coloniale à qui nous devons notre vie avant notre pain et notre destin. Où est donc passé le discours de souveraineté et d'indépendance?

En tant que résident suisse de longue date si l'on excepte la traversée du désert fastueux du Golfe, M. Bouteflika aurait pu revenir au lieu de son exile volontaire pour bénéficier des soins nécessaires.

En Algérie, avec des hôpitaux débordés, en sous effectifs et souffrant pour la plupart de problèmes endémiques liés à la qualité des soins et à l’insalubrité des lieux, le peuple n’a guère le choix. De deux choses l’une : croupir dans des structures inadéquates ou se livrer au business du privé, pour ceux qui en ont les moyens ou pire, ceux qui s’endettent pour pouvoir s’acquitter des frais engendrés par les soins prodigués.

Si le président a pu être transféré en France, le petit peuple dans son écrasante majorité, n’a pas cette chance faute d’obtention d’une prise en charge médicale à l’étranger qui, j’en conviens, coûte très cher à l’Etat algérien.

Bon séjour Mr le Président. Nous n'allons pas rappeler que 10% des 44 mille cancéreux algériens meurent en attendant leur tour pour bénéficier des séances de radiothérapie. Les plus chanceux ont des séances irrégulières de chimiothérapie et de radiothérapie si toutefois le produit est disponible puisque dans certains cas, les patients sont mis à contribution en allant chercher la denrée rare en milieu extra- hospitalier.

Je ne vais pas non plus mentionner qu’en cas de séjour dans un hôpital public, les patients algériens sont obligés de fournir leur linge. Pire, ils doivent être accompagnés par un des leurs en raison d’un sous-effectif infirmier!

Malgré tout, je n'oublie pas dans la foulée de ces griefs, d'avoir une pensée sincère et humaine pour le président Algérien. Qu'Allah le guérisse inchallah et fasse en sorte que les Algériens profitent de leurs ressources naturelles et humaines en se dotant de structures médicales qui n’aient rien à envier ni au Val De Grâce ni au Mount Sinai Hospital. Des structures fières de soigner le chef de l’Etat tout comme ses compatriotes.